Alors que Stellantis pousse l’électrique et l’hybride pour dépolluer sa gamme en Europe, le groupe relance des V8 thermiques sur certains marchés américains — et s’apprête même à retirer l’hybridation de son V8. Un retour en arrière qui fera plaisir aux puristes… et qui dit beaucoup sur la géographie de l’électrification.
Voici ce que change la stratégie (relais Auto Journal, août 2026), pourquoi le Ram 1500 repasse en V8 « full thermo », et l’angle AutoSuivi pour un lecteur français : entretien, budget, malus, et pourquoi ce qui se passe aux USA n’annule pas la trajectoire européenne.
En bref
| Élément | Détail |
|---|---|
| Contexte | Retrait trop rapide du V8 chez Dodge / Ram aux USA |
| Retour | V8 5,7 l sur Ram 1500, d’abord avec mild-hybrid eTorque 48 V |
| Suite | Suppression annoncée de l’hybridation → V8 purement thermique |
| Gamme Ram | Place accrue au V6 Pentastar, 6 cyl. Hurricane, V8 HEMI (voire >700 ch compressé) |
| Europe | Stratégie opposée : électrification / CO₂ / autonomie |
| Astuce émissions | Désactivation d’un banc de cylindres toujours possible |
Pourquoi Stellantis a dû faire machine arrière
Aux États-Unis, retirer le V8 du catalogue Dodge / Ram, c’est un peu comme retirer le six cylindres d’une gamme BMW : les passionnés se détournent du neuf pour l’occasion. Stellantis est peut-être allé trop vite en besogne sur un marché historiquement attaché à cette motorisation.
Le groupe a donc réintroduit un V8 5,7 litres sous le capot du pick-up Ram 1500, d’abord avec l’hybridation légère eTorque 48 V — déjà développée par Ram — pour limiter les émissions. En six mois environ, les ingénieurs ont réintégré le bloc. L’eTorque récupère de l’énergie au freinage et assiste le thermique à basse vitesse (démarrages, manœuvres, Stop & Start).
Mais la suite du récit est claire : l’hybridation va disparaître au profit d’un V8 purement thermique. Aveu implicite : sur ce segment, le client américain veut surtout le V8 — pas forcément le badge « mild hybrid ».
Pick-up électriques : le marché résiste
Ce retour en arrière sur l’électrification US s’inscrit dans un climat plus large :
- Ford a arrêté le F-150 Lightning (selon le récit presse) ;
- Tesla peine avec les ventes du Cybertruck ;
- le marché des pick-up reste difficile à convertir à l’électrique.
Pour AutoSuivi, le parallèle utile n’est pas « l’électrique est mort » — faux en Europe — mais : chaque segment a son rythme. Un pick-up de travail américain n’obéit pas aux mêmes contraintes qu’une citadine ou un SUV urbain français (ZFE, malus, TCO). Voir aussi les offensives électriques ailleurs (Ford Fathom, plateformes Renault 800 V).
Deux Stellantis : USA ≠ Europe
| Zone | Priorité affichée | Exemple |
|---|---|---|
| USA (Ram / Dodge) | Volume thermique, V8, désirabilité | V8 HEMI sans eTorque |
| Europe (Peugeot, Citroën, Fiat, DS, Opel, Jeep…) | CO₂, hybrides, électriques | Grammes / autonomie |
Stellantis conserve des leviers anti-émission même en V8 thermo, comme la désactivation d’un banc de cylindres pour baisser la conso à charge partielle. Mais le signal culturel est inverse de celui envoyé aux clients européens.
Conséquence pour le lecteur français : ne pas lire un titre « Stellantis abandonne l’hybride » comme une annonce valable pour votre prochaine 3008 ou Fiat. C’est d’abord une histoire américaine de pick-up.
Angle AutoSuivi : entretien V8 vs mild-hybrid
Que vous suiviez un véhicule Stellantis en France ou que vous importiez / rêviez d’un Ram :
V8 thermique « pur »
- Vidanges plus fréquentes / volumes d’huile élevés (guide vidange).
- Freins, pneus, consommation : budget énergie élevé.
- Fiabilité liée à l’usage (courts trajets = ennemi des gros blocs).
- Carnet d’entretien = argument massue à la revente (valeur carnet).
Mild-hybrid 48 V (eTorque)
- Batterie 48 V + machine électrique à suivre (diagnostics spécifiques).
- Aide au Stop & Start / bas régimes : gain surtout urbain.
- Complexité un peu supérieure ; pièces spécifiques potentielles.
- En France, logique proche des hybrides vs essence.
Retirer l’eTorque simplifie la mécanique aux yeux des puristes (moins d’électronique d’assistance). Ça n’allège pas la facture carburant ni l’usure des freins si le pied droit reste lourd.
Puristes : que gagne-t-on vraiment ?
Arguments « plaisir » souvent cités :
- sonorité et réponse sans filtrage électrique ;
- moins de modes / moins de boîtiers ;
- image « vrai HEMI » pour la cote émotionnelle US.
Contreparties :
- émissions / conso ;
- fiscalité si le véhicule était un jour homologué ailleurs ;
- divergence croissante avec les normes européennes.
Pour un collectionneur US, le calcul est culturel. Pour un foyer français, le malus 2026 et le TCO restent le juge de paix — un V8 pick-up n’est pas le sujet du quotidien AutoSuivi, mais la leçon de stratégie oui.
Stellantis en France : ce qui compte pour vous
Indépendamment du Ram 1500 :
- Les rappels et campagnes techniques continuent sur le parc européen (rappel direction) — surveillez votre VIN.
- L’électrification européenne n’est pas annulée par un V8 US.
- L’entretien documenté reste le meilleur levier de coût maîtrisé (coût annuel).
- Occasion : les modèles mild-hybrid / hybrides déjà en parc se revendront sur la preuve d’entretien, pas sur les titres de la presse US.
Mythes à écarter
- « Stellantis abandonne l’électrique » — faux : stratégie segmentée par marché.
- « Sans eTorque, le V8 est écologique » — faux : au mieux, cylinder deactivation limite la casse.
- « Les pick-up électriques ont gagné partout » — faux : le segment résiste encore.
- « Ça va ramener les V8 en Europe en masse » — rien ne l’indique dans le récit presse.
- « Pas besoin de carnet sur un moteur simple » — faux : les gros V8 adorent l’historique huile / température.
Checklist propriétaire Stellantis (Europe)
- Vérifier les rappels constructeur régulièrement.
- Respecter les intervalles d’huile même en usage mixte.
- Sur hybride / 48 V : diagnostics atelier compétent, pas seulement « vidange discount ».
- Anticiper malus / ZFE avant un achat coup de cœur import.
- Exporter l’historique dans un carnet numérique avant revente.
Occasion et importation : attention au rêve Ram
Le retour médiatique du V8 HEMI « pur » va relancer les envies d’import. Avant de signer :
- vérifiez l’homologation / carte grise française (coût, délais, conformité) ;
- anticipez malus, contrôle technique et assurance (peu de compagnies tarifient un pick-up V8 comme une 208) ;
- exigez un historique huile / boîte / différentiels complet ;
- budgétez carburant et freins : le TCO n’a rien d’un SUV compact hybride.
Un titre « les puristes ont gagné » n’est pas un plan de financement. AutoSuivi sert précisément à coller les coûts réels à l’émotion.
Chronologie rapide (telle que racontée)
- Retrait trop ambitieux du V8 Dodge / Ram → clients frustrés.
- Réintégration express du V8 5,7 l avec eTorque 48 V.
- Annonce de la suppression de l’hybridation → V8 thermique seul.
- Gamme Ram recentrée sur des mécaniques thermo variées (V6, Hurricane, HEMI).
Cette séquence en quelques mois montre une organisation capable de pivoter vite — utile à retenir pour les investisseurs, mais aussi pour les clients : les catalogues US bougent, les pièces et les réseaux aussi.
Flottes et entreprises : lire le signal autrement
Une flotte européenne Stellantis (utilitaires, berlines hybrides, électriques) n’a rien à gagner à « copier le Ram ». En revanche, le signal « le client refuse parfois l’électrification forcée » pousse les constructeurs à mieux segmenter : électrique là où le TCO gagne, thermique / hybride là où l’usage l’exige.
Pour un responsable de parc : continuez à comparer coût au km, disponibilité SAV et rappel constructeur — pas les communiqués lifestyle US. Un rappel direction sur le parc européen pèse plus qu’un HEMI sans eTorque à Détroit.
Conducteurs européens de Jeep / Alfa / Maserati
Certaines marques du groupe cultivent encore l’image sportive ou premium. Le retour du V8 US peut nourrir le storytelling, sans changer votre manuel d’entretien. Respectez :
- les intervalles huile spécifiques ;
- les mises à jour logicielles quand elles existent ;
- la documentation des interventions pour la revente.
Le « purisme » se vit aussi dans un carnet impeccable — plus rare, et plus rentable, qu’un échappement libre.
Ce que cette décision dit de 2026
L’année 2026 montre une industrie à deux vitesses : accélération électrique là où la régulation et l’énergie poussent (Europe, Chine), et consolidation thermique là où le client refuse encore (certains segments US). Ford, Tesla et Stellantis illustrent chacun une facette du même constat sur les pick-up.
Les constructeurs chinois, eux, grimpent dans le Top 10 mondial plutôt via l’électrifié (hiérarchie des ventes). Deux mondes, un même calendrier.
Pour AutoSuivi, la conclusion pratique est simple : choisissez la techno adaptée à votre usage réel, puis documentez-la. Le purisme V8 américain n’exonère personne d’une révision à l’heure — et l’électrique européen n’excuse pas non plus un carnet vide.
En résumé
Stellantis réintroduit le V8 sur le Ram 1500 américain et s’apprête à retirer l’hybridation eTorque pour un bloc purement thermique — après avoir constaté que le marché US tenait à son V8. La gamme Ram mise sur Pentastar, Hurricane et HEMI, à rebours de la stratégie européenne d’électrification. Des leviers comme la désactivation de cylindres restent possibles.
Côté AutoSuivi : lisez les titres US avec le filtre géo, entretenez votre véhicule Stellantis selon son motorisation, et gardez un historique clair. Les puristes sourient ; votre budget, lui, préfère les factures à jour. Et si vous hésitez entre hybride et essence pour un usage français, comparez le coût réel plutôt que le storytelling du V8 américain — c’est là que le carnet d’entretien fait la différence.