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Carte grise 2026 : la taxe régionale se calcule avec les chevaux fiscaux

Peugeot 208, citadine dont la carte grise dépend des chevaux fiscaux (Wikimedia Commons, Alexander-93, CC BY-SA 4.0)

L'essentiel à retenir

  • Y1 = case P.6 × tarif €/CV de la région du titulaire, pas celle du vendeur
  • Y4 = 11 €, Y5 = 2,76 €
  • Île-de-France : 68,95 €/CV. Plafond usuel : 60 €. Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France : 43 €
  • Véhicule de plus de 10 ans : −50 % sur Y1 seulement. Moto : moitié du cheval
  • Malus CO₂ et poids : uniquement à la première immatriculation en France
  • Hauts-de-France : seule région à −50 % de Y1 pour l’électrique et l’hydrogène depuis le 1er avril 2026

Le prix d’une carte grise en 2026 n’est pas un forfait national. C’est d’abord une multiplication : les chevaux fiscaux de la case P.6, fois le tarif du cheval dans la région où le titulaire habite. Ensuite seulement viennent deux petites taxes fixes, et, si la voiture est immatriculée pour la première fois en France, le malus. Confondre les trois lignes est la façon la plus sûre de croire qu’une occasion « coûte le malus », ou qu’une électrique est gratuite partout.

Le barème utilisé ici est celui du certificat d’immatriculation en 2026 : taxe régionale Y1, taxe de gestion Y4 à 11 €, redevance d’acheminement Y5 à 2,76 €. Les tarifs régionaux sont ceux appliqués après les bascules du début d’année, notamment en Île-de-France, en Nouvelle-Aquitaine et dans les Hauts-de-France. Le simulateur reprend ces montants. L’article sert à lire le résultat, pas à le remplacer.

La case P.6 n’est pas la puissance du moteur

Les chevaux fiscaux ne sont pas les chevaux DIN de la brochure. Une citadine de 90 ch peut afficher 5 CV fiscaux. Une familiale peut en afficher 7 ou 8 sans être une sportive. Le chiffre qui entre dans le calcul est celui de la case P.6 du certificat, ou de la ligne correspondante sur le bon de commande si la voiture n’est pas encore immatriculée. Le deviner à partir de la puissance commerciale produit des écarts de un ou deux CV, donc de 50 à 140 € selon la région. On lit la case. On ne l’estime pas.

La taxe régionale Y1, pour un changement de titulaire ou une première immatriculation, vaut P.6 multiplié par le tarif €/CV de la région de résidence du titulaire. Ce n’est pas la région où vous achetez la voiture, ni celle du vendeur. Un acheteur francilien qui achète en Bretagne paie le tarif d’Île-de-France. Un Breton qui achète en Île-de-France paie le tarif breton.

En 2026, le plafond usuel du cheval régional est à 60 €. Plusieurs régions sont à ce plafond : Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Grand Est, Normandie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, La Réunion. L’Île-de-France est au-dessus, à 68,95 €/CV, parce qu’une majoration forfaitaire de 14 € s’ajoute aux 54,95 €, au titre des transports franciliens, depuis le 1er mars 2026. Cette majoration doit passer à 12 € en 2027. En 2026, le chiffre à utiliser est 68,95 €.

D’autres régions sont en dessous du plafond. Auvergne-Rhône-Alpes est à 43 €. Les Hauts-de-France sont à 43 € depuis le 1er avril 2026, contre 42 € jusqu’au 31 mars. Les Pays de la Loire sont à 51 €. La Nouvelle-Aquitaine est à 58 € depuis le 1er mars 2026. L’Occitanie est à 59,50 €. La Corse et la Martinique sont à 53 €. La Guadeloupe est à 41 €, la Guyane à 42,50 €, Mayotte à 30 €. Le simulateur liste le tarif à côté du nom de la région. Si un conseil régional vote un changement en cours d’année, c’est la date de la démarche qui compte, pas le souvenir de janvier.

Trois exemples, sans malus

Pour une occasion déjà immatriculée en France, le malus CO₂ et le malus au poids ne sont pas dus une seconde fois. On paie Y1, plus 11 €, plus 2,76 €, sous réserve des abattements.

Une voiture de 6 CV en Bretagne : 6 × 60 € = 360 €, plus 11 €, plus 2,76 €, soit 373,76 €. La même voiture en Auvergne-Rhône-Alpes : 6 × 43 € = 258 €, plus 13,76 €, soit 271,76 €. En Île-de-France : 6 × 68,95 € = 413,70 €, plus 13,76 €, soit 427,46 €. L’écart entre la Bretagne et l’Île-de-France, à chevaux égaux, est de 53,70 €. Il vient uniquement du tarif du cheval, pas d’une option ou d’un malus caché.

Une voiture de 7 CV en Île-de-France : 7 × 68,95 € = 482,65 €, plus 13,76 €, soit 496,41 €. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, au plafond de 60 € : 7 × 60 € = 420 €, plus 13,76 €, soit 433,76 €. Huit chevaux dans cette même région : 480 € plus 13,76 €, soit 493,76 €. Cinq chevaux dans les Pays de la Loire, à 51 € : 255 € plus 13,76 €, soit 268,76 €. Cinq chevaux à Mayotte, à 30 € : 150 € plus 13,76 €, soit 163,76 €.

Ces montants supposent un véhicule particulier de moins de dix ans, en changement de titulaire, sans autre exonération. Une moto est à la moitié du tarif du cheval. Un véhicule de plus de dix ans, comptés depuis la première immatriculation (case B), bénéficie d’un abattement de 50 % sur Y1 seulement. Les 11 € et les 2,76 € restent dus. Une voiture de 6 CV et de onze ans en Bretagne : Y1 tombe à 180 €, le total à 193,76 €. Oublier la date de première immatriculation, c’est payer le simulateur « au prix fort » alors que l’ANTS appliquera l’abattement, ou l’inverse si vous vous trompez de sens.

Le malus ne se mélange pas à la taxe régionale

Le malus CO₂ et le malus au poids s’ajoutent seulement à la première immatriculation en France : voiture neuve, ou véhicule importé qui n’a jamais eu de certificat français. Une occasion française revendue ne les repaie pas. Les ajouter « par précaution » à un changement de titulaire double un budget sans raison.

En 2026, le malus CO₂ en vigueur démarre à 50 € dès 108 g/km et plafonne à 80 000 €. Le malus au poids s’ajoute dès 1 500 kg. Le détail, et ce qui est seulement une trajectoire 2027 non votée, est dans l’article sur l’immatriculation avant le 31 décembre. Le simulateur de malus calcule l’année du certificat, pas une moyenne entre 2026 et 2027.

Une première immatriculation se lit donc en deux temps. D’abord Y1, Y4 et Y5, comme pour une occasion. Ensuite le malus, s’il y en a un, à partir des grammes WLTP et de la masse en ordre de marche de la version exacte. Une citadine sous 108 g et sous 1 500 kg peut n’avoir que la taxe régionale. Une familiale à 130 g et 1 600 kg ajoute le CO₂ et le poids. Le certificat total n’est pas « le prix de la carte grise » au sens du seul cheval fiscal. Les deux lignes doivent apparaître séparées, sinon vous comparez des voitures qui ne paient pas la même chose.

Les Hauts-de-France sont, en 2026, la seule région qui réduit encore Y1 pour l’électrique et l’hydrogène : moitié prix depuis le 1er avril. Ailleurs, le coefficient sur Y1 pour ces énergies est de 1 : on paie le cheval plein. L’électrique échappe en revanche au malus CO₂, ce qui, sur une première immatriculation, pèse souvent plus que la taxe régionale. Une électrique de 6 CV dans les Hauts-de-France : Y1 à 6 × 43 € × 0,5 = 129 €, plus 13,76 €, soit 142,76 €, sans malus CO₂. La même voiture en Bretagne, sans cette réduction régionale : 373,76 € de certificat hors malus. L’écart est réel. Il ne se généralise pas à la France entière.

Changement d’adresse, duplicata, et ce qui ne se paie pas

Un changement d’adresse est une démarche gratuite. Vous n’avez pas à recalculer les chevaux parce que vous déménagez. Il faut quand même la faire : l’adresse du certificat sert aux amendes, au contrôle technique, aux rappels constructeur. La laisser fausse ne fait pas économiser 11 €. Elle décale le courrier.

Le duplicata, pour une perte, un vol ou une détérioration, n’est pas un nouveau calcul de taxe régionale complète. Le simulateur distingue les démarches. Utiliser le tarif « changement de titulaire » pour un duplicata surestime la facture. Utiliser « gratuit » pour un duplicata la sous-estime. Lisez l’intitulé de la démarche avant de comparer deux résultats.

La taxe de gestion et la redevance d’acheminement sont petites à côté d’un malus, et visibles à côté d’une petite voiture de 4 CV dans une région à 43 €. 4 × 43 € = 172 €, plus 13,76 €, soit 185,76 €. Les 13,76 € représentent alors plus de 7 % du total. Les oublier pour « arrondir » fausse un budget serré. Les inclure deux fois, parce qu’un comparateur les a déjà ajoutés, aussi.

Ce qu’il faut avoir sous la main avant de lancer la démarche

Quatre informations suffisent pour un changement de titulaire. La région où vous habitez, pas celle de l’annonce. La case P.6. La date de première immatriculation, case B, pour l’abattement des dix ans. Le genre du véhicule, voiture ou moto. Pour une première immatriculation, ajoutez les grammes de CO₂ et la masse, sinon le malus manque et le total est faux dans le bon sens pour le vendeur, dans le mauvais pour vous.

Le certificat se demande sur l’ANTS, pas au guichet de la préfecture. Le simulateur du site donne un ordre de grandeur avant que vous ne commenciez le formulaire. Gardez le PDF ou la capture du résultat à côté de l’annonce : si le vendeur a dit « carte grise offerte » ou « frais de dossier 300 € », vous voyez ce que l’administration demande vraiment. Un frais de dossier de professionnel peut s’ajouter. Il n’est pas la taxe. Il se discute à part, et il se compare au temps que vous passeriez à faire la démarche vous-même.

Notez le montant payé et la date dans le carnet, avec le numéro de formule du nouveau certificat. À la revente, l’acheteur vous demandera souvent « elle est à combien de chevaux ? ». La case P.6 répond. Le prix que vous avez payé, lui, ne se recopie pas : il dépendait de votre région et de l’âge de la voiture ce jour-là. Le sien dépendra de la sienne.

Si vous hésitez entre deux versions du même modèle, calculez les deux. Un cheval fiscal de plus dans une région à 60 €, c’est 60 € à chaque changement de titulaire, pas 60 € une fois dans la vie de la voiture. Sur une occasion que vous garderez huit ans, vous ne le payez qu’une fois, à l’achat. Sur une voiture que vous revendrez vite, c’est l’acheteur suivant qui le paiera dans sa région, pas dans la vôtre. Le malus, lui, ne se transmet pas : il a été payé, ou pas, à la première immatriculation française. Le dire clairement dans l’annonce évite une négociation construite sur une peur.

Un contrôle de cohérence avant de payer

Refaites le produit à la main. Chevaux fois tarif de la région. Moitié si la voiture a plus de dix ans, ou si c’est une moto. Moitié encore, dans les Hauts-de-France seulement, si c’est une électrique ou un hydrogène et que la démarche est postérieure au 1er avril 2026. Puis 11 €. Puis 2,76 €. Puis le malus, seulement si la voiture n’a jamais été immatriculée en France. Si votre résultat s’en écarte de plus que l’arrondi, une case est fausse : la région, les chevaux, ou la démarche.

Le prix du carburant de la fin octobre, autour de 2,37 € le litre de gazole, n’entre pas dans la carte grise. Il entre dans le coût des mois qui suivent. Le trajet et le prix par département servent à ça. La carte grise est une facture d’entrée. Le plein est une facture qui recommence. Les additionner sans les nommer donne un « budget auto » illisible, et une mauvaise raison de retarder une démarche dont le tarif, lui, est déjà fixé par la région et par l’année.

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Questions fréquentes

La région qui compte est-elle celle du vendeur ?

Non. C’est la région de résidence du titulaire, celle qui figurera sur le certificat.

Une occasion paie-t-elle le malus ?

Non, si elle a déjà été immatriculée en France. Le malus CO₂ et le malus au poids ne sont dus qu’à la première immatriculation française.

Pourquoi l’Île-de-France est-elle à 68,95 € ?

54,95 € plus une majoration de 14 € pour les transports franciliens, depuis le 1er mars 2026. La majoration doit passer à 12 € en 2027.

Le changement d’adresse est-il payant ?

Non. La démarche de changement d’adresse est gratuite. Elle reste obligatoire pour recevoir les courriers.

Marc Lefèvre

Conseiller technique atelier

Ancien chef d’atelier en garage indépendant, Marc décrypte les opérations lourdes (distribution, embrayage, FAP, diagnostic) à partir des préconisations constructeurs et des pratiques atelier réalistes.