Mi-octobre 2026, le projet de loi de finances pour 2027 est à l’Assemblée. Le malus que vous paierez dépend de l’année de la première immatriculation en France, pas de l’année où vous signez le bon. Pour une carte grise établie en 2026, le barème en vigueur est connu : il démarre à 108 g/km de CO₂, pour 50 €, et plafonne à 80 000 € à partir de 192 g/km. La trajectoire déjà écrite pour 2027, elle, descend le seuil à 103 g/km et porte le plafond à 90 000 €. Des amendements demandent de figer le barème 2026. Tant qu’ils ne sont pas votés, une livraison en janvier n’a pas le même chiffre qu’une immatriculation en décembre.
Le simulateur du site calcule le barème 2026, celui qui s’applique si le certificat est fait cette année. Calculez le malus avec les grammes et la masse de la fiche, pas avec une moyenne de salon. Gardez le montant sur la voiture dans un carnet, gratuit et sans carte bancaire : c’est le chiffre à comparer le jour où le concessionnaire parle de « janvier ».
Ce qui est dû si vous immatriculez avant le 31 décembre
Le barème 2026 figure sur service-public.fr depuis le 1er janvier. En dessous de 108 g/km, le malus CO₂ est à 0 €. À 108 g, il est de 50 €. À 118 g, 260 €. À 120 g, 310 €. À 130 g, 983 €. À 140 g, 2 205 €. À 150 g, 4 279 €. À partir de 192 g/km, le plafond est de 80 000 €. Ce sont les montants du CO₂ seul, pour une première immatriculation en 2026.
Le malus au poids s’ajoute dès 1 500 kg en ordre de marche : 10 € par kilo de 1 500 à 1 699 kg, puis 15, 20, 25 et 30 € au-delà de 2 000 kg. Le cumul CO₂ plus poids est plafonné à 80 000 €. Une électrique et un hydrogène ne paient pas le malus CO₂. Un hybride simple a un abattement de masse, un rechargeable aussi, dans des limites précises. Une famille de trois enfants et plus a un abattement de poids. Ces cas se calculent sur la fiche, pas de tête. Le simulateur les reprend pour 2026.
Une Clio TCe 90 à 118 g, citée par BFM au 1er janvier 2026, est passée de 170 € en 2025 à 260 € en 2026. Ce n’est pas un exemple 2027. C’est la preuve que le gramme, d’une année à l’autre, change la facture d’une citadine, pas seulement celle d’un gros SUV.
Ce que la trajectoire 2027 dit, et pourquoi ce n’est pas encore un devis
La loi de finances pour 2025 a inscrit à l’avance la marche de 2027. Flotauto le rappelle à l’ouverture du budget : le seuil passerait à 103 g/km, facturés 50 €, et le plafond à 90 000 €. AutoPrisme, le 6 octobre 2026, aligne la même entrée et donne quelques marches : 540 € à 120 g, 1 504 € à 130 g, 3 119 € à 140 g, 5 715 € à 150 g, plafond dès 190 g. Flotauto, de son côté, place le plafond à partir de 189 g. Un gramme d’écart sur le sommet du barème, deux lectures du même texte. On ne transforme pas cette zone en devis.
| CO₂ WLTP | Malus CO₂ 2026, en vigueur | Trajectoire 2027, pas encore le budget voté |
|---|---|---|
| 103 g/km | 0 € | 50 € |
| 108 g/km | 50 € | 170 € selon le tableau repris par Flotauto |
| 120 g/km | 310 € | 540 € selon AutoPrisme |
| 130 g/km | 983 € | 1 504 € selon AutoPrisme |
| 150 g/km | 4 279 € | 5 715 € selon AutoPrisme |
| Plafond | 80 000 € dès 192 g | 90 000 €, autour de 189–190 g |
La colonne de droite n’est pas une facture. C’est la trajectoire écrite, telle que la presse spécialisée la relit en octobre 2026. Le projet de loi de finances n° 3210 est en discussion. Un amendement propose un moratoire qui rétablirait le barème CO₂ du 1er janvier 2026. Un autre veut remonter le seuil du malus poids à 1 600 kg. Ils citent, pour 2025, près d’un véhicule neuf sur deux soumis au malus, pour 1 082 € en moyenne, et des recettes de 895 millions d’euros. Ce sont les motifs des amendements, pas un résultat du vote.
Tant que l’Assemblée et le Sénat n’ont pas terminé, deux issues restent ouvertes. La trajectoire 2027 s’applique telle qu’elle est écrite. Ou le barème 2026 est prolongé. Signer une livraison de janvier « parce que le malus va être gelé » parie sur un amendement. Immatriculer en décembre, quand le véhicule est prêt, s’appuie sur un barème déjà en vigueur.
Le poids, le piège des familiales
Sur le CO₂, une citadine à 105 g est à 0 € en 2026 et entrerait dans le barème en 2027 si la trajectoire passe. Sur le poids, le seuil écrit reste 1 500 kg pour 2027, le même qu’en 2026, selon Flotauto. L’amendement qui vise 1 600 kg n’est pas la règle. Un SUV familial juste au-dessus de 1,5 tonne paie déjà le malus masse cette année. Le gel éventuel ne l’efface pas rétroactivement.
Le malus se calcule sur le certificat, pas sur la publicité. Les grammes WLTP changent avec les jantes et les options. La masse en ordre de marche n’est pas le poids à vide d’un essai. Demandez les deux lignes au vendeur avant de comparer décembre et janvier. Puis passez-les dans le simulateur 2026. Pour 2027, gardez la colonne « trajectoire » comme un ordre de grandeur, et refaites le calcul le jour où le budget est publié au Journal officiel.
La carte grise régionale s’ajoute, elle, quelle que soit l’année. Un malus de quelques centaines d’euros plus une taxe régionale au cheval fiscal, c’est le ticket d’entrée. Estimez la carte grise à part. Les deux lignes ne se confondent pas.
Un exemple chiffré, uniquement avec le barème déjà en vigueur
Prenez une familiale thermique à 130 g/km et 1 600 kg en ordre de marche, sans enfant à charge et sans motorisation hybride. En 2026, le CO₂ est de 983 €. Le poids dépasse le seuil de 100 kg, à 10 € le kilo, soit 1 000 €. Le total, 1 983 €, est sous le plafond de 80 000 €. Ce calcul sort du barème publié et du simulateur. Il ne dépend pas du vote de l’automne.
Si la trajectoire 2027 s’applique telle qu’AutoPrisme la relit le 6 octobre, le CO₂ à 130 g passerait à 1 504 €. Le poids, si le seuil reste à 1 500 kg comme Flotauto l’écrit pour 2027, resterait de 1 000 €. L’addition monterait autour de 2 500 €, avant carte grise. Si un amendement gèle le CO₂ 2026, on reste à 1 983 €. Si un autre remonte le poids à 1 600 kg, les 1 000 € de masse tombent, mais seulement après le vote. Personne ne peut vous signer les deux issues en même temps.
Une citadine à 118 g et 1 200 kg ne paie que le CO₂ : 260 € en 2026, et 0 € de malus masse. La trajectoire 2027 ne la sort pas du barème, elle l’y enfonce. Attendre janvier, pour ce profil, n’a d’intérêt que si le gel est voté. Sinon la facture augmente, pour une voiture qui était déjà immatriculable en décembre.
Le véhicule électrique et l’hydrogène restent hors malus CO₂ dans le barème 2026. Ce n’est pas une raison pour ignorer la carte grise, l’assurance et la recharge. Le coût de possession compare ces lignes sur plusieurs années. Le malus, lui, se paie une fois, le jour du certificat. C’est pour cela que la date compte plus que le slogan du stand.
Ce qu’il faut écrire sur le bon de commande
Demandez trois choses avant de laisser le vendeur « caler la livraison en janvier ». Les grammes WLTP de la version exacte, jantes comprises. La masse en ordre de marche de cette même version. La date à laquelle il peut faire établir le certificat d’immatriculation, pas la date de sortie d’usine. Une voiture produite en décembre et immatriculée en janvier relève de l’année du certificat.
Si cette date est en 2026, faites tourner le simulateur et notez le total. S’il annonce un malus « offert », vérifiez que le montant est déduit du prix, pas simplement cité. Un geste commercial de 500 € ne couvre pas un écart de 1 500 € si le certificat glisse.
Pour une occasion déjà immatriculée en France, le malus a été payé par le premier propriétaire. Vous ne le repayez pas. Pour un véhicule importé qui n’a jamais eu de certificat français, la première immatriculation en France peut le déclencher. Là encore, l’année du dossier français fait foi. Le simulateur sert à ce cas comme au neuf, avec les grammes et la masse de la carte étrangère, pas ceux d’une annonce approximative.
Comment décider sans attendre le vote
Si la voiture est disponible et que vous pouvez immatriculer en 2026, le chiffre certain est celui du barème en vigueur. S’il est à 0 € sous 108 g, janvier ne peut pas faire mieux sur le CO₂ : la trajectoire 2027 est plus sévère, pas plus douce. Le seul scénario où attendre aiderait, c’est un gel voté qui maintient 2026, et une voiture qui n’est de toute façon pas livrable avant janvier. Dans ce cas, vous ne gagnez rien à attendre, vous évitez seulement une hausse qui n’aura pas lieu. Si le gel échoue, vous paierez la colonne 2027.
Si la voiture dépasse 150 g ou 1,6 tonne, l’écart entre les deux colonnes se compte en milliers d’euros sur le CO₂, plus le poids. Là, la date du certificat mérite une ligne au bon de commande : « immatriculation avant le 31 décembre 2026 ». Un vendeur qui ne peut pas la garantir ne peut pas vous garantir le malus 2026.
Notez les grammes, la masse, le montant 2026 et la date prévue de carte grise. Le carnet sert à ça autant qu’à une vidange : le jour de la facture, vous comparez au chiffre calculé, pas au souvenir d’un article. Le malus payé ne se renégocie pas après le certificat.
Le malus 2026 est un barème publié : 50 € dès 108 g/km, 80 000 € dès 192 g, poids dès 1 500 kg. La trajectoire 2027, 50 € dès 103 g et un plafond à 90 000 €, est écrite mais encore devant le Parlement en octobre 2026. Calculez le montant 2026 avant de laisser glisser la livraison en janvier.
Pour aller plus loin : le coût de possession, le prix du gazole en octobre, la carte grise, service-public.fr sur le malus, Flotauto sur la fiscalité 2027 et AutoPrisme, relevé du 6 octobre 2026.