En Chine, Fang Cheng Bao (souvent abrégé Bao), la marque « lifestyle » électrifiée de BYD, vient de publier le premier teaser officiel du Tai 9 (aussi écrit Ti9 / Tai-9 selon les sources). Silhouette de profil uniquement, style très cubique, toit flottant… et surtout un gabarit annoncé en XXL : plus de 5,3 m de long selon les fuites. Un mastodonte familial qui doit prendre la tête de gamme.
Voici ce qui est officiel, ce qui reste rumeur, et ce que ça dit du marché des grands SUV hybrides rechargeables — y compris pour un lecteur français qui ne verra peut‑être jamais ce modèle chez un concessionnaire.
En bref
| Élément | Info |
|---|---|
| Marque | Fang Cheng Bao (BYD) |
| Modèle | Tai 9 (flagship SUV) |
| Teaser | Vidéo officielle (profil), août 2026 |
| Message direction | « L’attente ne sera pas longue » (Xiong Tianbo) |
| Gabarit (fuites) | > 5,3 m, empattement > 3,1 m |
| Style | SUV boxy, toit flottant, ADN série Tai |
| Lancement évoqué | 2ᵉ semestre 2026 / préventes fin 2026 → commercialisation début 2027 (presse) |
| Europe | Aucune confirmation d’arrivée |
Qui est Bao / Fang Cheng Bao ?
Lancée en août 2023, la marque a explosé en volumes. Selon des données compilées par CnEVPost et relayées par la presse :
- 41 213 véhicules écoulés en juillet 2026 (+190 % sur un an) ;
- 200 687 unités sur les 7 premiers mois de 2026 ;
- le Tai 7, best-seller, a dépassé les 200 000 exemplaires en environ dix mois (dont 27 320 en juillet seul).
Bao complète ainsi la stratégie multi-marques de BYD : du volume accessible aux labels plus « lifestyle » / premium électrifié. Certains modèles Bao sont déjà rebadgés à l’export (ex. logique Ti7 → BYD Ti7 selon marchés) : le Tai 9 pourrait suivre un chemin similaire s’il sort un jour d’Asie — rien n’est annoncé pour l’Europe.
En pratique, Fang Cheng Bao sert aussi de laboratoire d’image : carrosseries plus affirmées, packs ADAS avancés, hybrides rechargeables très autonomes. Le Tai 9 s’inscrit dans cette logique de sommet de gamme, au-dessus du Tai 7 et du Bao 8.
Ce que montre le teaser
La vidéo se concentre sur la vue latérale :
- carrosserie rectiligne, très « cube » ;
- toit flottant qui allège la masse visuelle ;
- vitrage généreux, ceinture de caisse haute ;
- look de grand SUV familial, pas de 4x4 baroudeur extrême.
Le message est clair : on monte d’un cran par rapport au Tai 7 et au Bao 8. Pas de face avant détaillée, pas d’habitacle filmé, pas de chiffres officiels. C’est un tease de présence — « le mastodonte arrive » — plus qu’une présentation produit.
Pour les observateurs du design chinois contemporain, la silhouette rejoint la vague des SUV boxy (angles marqués, volumes massifs, toit contrasté). L’objectif n’est pas la discrétion en ville européenne, mais l’espace et le statut en marché domestique.
Gabarit et habitacle : la famille d’abord
Sur les réseaux chinois, le consensus évoque :
- longueur > 5,3 m ;
- empattement > 3,1 m ;
- priorité à une config 6 places (2 fauteuils individuels au 2ᵉ rang) ;
- versions 5 et 7 places éventuellement à l’étude.
À bord, les fuites parlent d’un long bandeau d’écrans (instrumentation + infodivertissement, voire écran passager), HUD, équipements confort (sièges chauffants/ventilés/massants). Des photos espionnes ont même évoqué un écran continu type « cockpit panoramique ». Tout cela reste à confirmer au reveal.
Un empattement de plus de 3,1 m, s’il se confirme, place le Tai 9 dans la catégorie des full-size asiatiques : troisième rang crédible, bagages encore utilisables en 6/7 places, trajets longs en famille ou entre amis. C’est aussi le type de véhicule qui, en France, se heurterait immédiatement aux questions de parking, de largeur de voie et de fiscalité.
Technique : PHEV de gros calibre (rumeurs)
Aucune fiche officielle complète. Les pistes les plus citées :
Hypothèse A — base type Bao 8
- 2.0 turbo + deux moteurs électriques ;
- puissance cumulée jusqu’à ~550 kW (~738 ch) ;
- couple combiné ~760 Nm.
Hypothèse B — DM-i 5ᵉ génération AWD
- système hybride rechargeable BYD dernière génération ;
- autonomie électrique locale évoquée 250–300 km (cycle chinois, donc optimiste vs WLTP) ;
- autonomie totale « plein + charge » fantasmée entre 1 200 et 1 500 km, certaines fuites allant jusqu’à > 2 300 km — chiffres non confirmés.
Autres éléments souvent cités :
- structure monocoque ;
- suspension hydraulique intelligente DiSus-P Ultra (hauteur de caisse variable) ;
- direction arrière pour limiter le rayon de braquage malgré 5,3 m ;
- pack ADAS avec lidar de toit, NOA ville/autoroute, stationnement auto ;
- batterie Blade de nouvelle génération + charge rapide « flash » selon certaines sources.
Tant que BYD / Bao n’ont pas publié la fiche, traitez ces valeurs comme des ordres de grandeur médiatiques. Un teaser de profil ne valide ni la puissance, ni l’autonomie, ni le prix Europe.
Prix évoqués en Chine
Analystes locaux : fourchette autour de 239 800 à 299 800 yuans, soit environ 32 000 à 40 000 € au cours approximatif — pour un lancement Chine pressenti début 2027 après préventes fin 2026. En Europe, un tel gabarit avec malus, homologation et réseau aurait un positionnement tarifaire très différent s’il venait un jour.
Autrement dit : le « prix Chine » sert surtout à mesurer l’agressivité locale de BYD face aux SUV premium nationaux. Ce n’est pas un tarif importable tel quel.
Pourquoi ça intéresse (même hors Chine)
- Preuve de force BYD : le groupe ne se contente plus des citadines ; il attaque le full-size familial PHEV.
- Course à l’autonomie totale : les chiffres « 1 500–2 300 km » (s’ils se confirment) sont des armes marketing face aux thermiques purs.
- Export possible sous badge BYD : comme d’autres Bao déjà « mondialisés ».
- Concurrence aux SUV premium : gabarit et équipements qui visent une clientèle famille aisée locale.
Pour un Français, le parallèle utile est plutôt : comment les constructeurs chinois comblent tous les segments, du Leapmotor B03X à 23 400 € jusqu’aux mastodontes 5,3 m. La montée en gamme n’est plus théorique ; elle se voit teaser après teaser.
Angle France : malus, ZFE, parking
Un SUV de plus de 5,3 m, même PHEV :
- pèse lourd au malus / fiscalité poids selon barèmes (malus 2026) s’il était homologué ici ;
- se gare mal en ville ;
- peut être pertinent hors périurbain / familles nombreuses ;
- en ZFE, un PHEV reste souvent mieux placé qu’un diesel ancien (Crit’Air / ZFE), mais ce n’est pas un 100 % électrique.
Si vous roulez déjà en hybride rechargeable ou électrique, le sujet concret reste le coût de recharge et l’entretien (guide EV), pas le teaser chinois du jour. Les grands PHEV déjà vendus en Europe montrent aussi que l’autonomie électrique réelle dépend surtout de la recharge quotidienne, pas du chiffre marketing « plein + batterie ».
Autre point souvent oublié : l’assurance, les pneus et les freins d’un XXL coûtent cher, quelle que soit la nationalité du badge. Avant de rêver au Tai 9, un acheteur français gagnerait à comparer le coût total de possession de son SUV actuel via un suivi du coût au kilomètre.
Calendrier annoncé / pressenti
| Date | Élément |
|---|---|
| Fin juin 2026 | Direction évoque Tai 9 + Formula S au 2ᵉ semestre |
| 3 août 2026 env. | Premier teaser officiel Tai 9 |
| Fin 2026 (presse) | Préventes possibles en Chine |
| Début 2027 (presse) | Commercialisation Chine évoquée |
| Europe | Non communiqué |
Ce calendrier peut glisser. Les préventes chinoises ne signifient pas une présentation au Mondial de Paris, ni un déploiement réseau en France.
Ce qu’il ne faut pas surinterpréter
- Un teaser de profil ≠ essai, ≠ prix Europe, ≠ date Mondial de Paris.
- Autonomies « record » sur cycle chinois ≠ WLTP français.
- 738 ch en rumeur ≠ version de base forcément.
- Succès Bao en Chine ≠ succès automatique à l’export.
- Un prix à ~35 000 € en Chine ne dit rien du ticket d’entrée éventuel en Europe après taxes, logistique et positionnement.
La bonne lecture, pour l’instant : BYD prépare un étendard familial pour son label Bao, avec un design immédiatement identifiable et une promesse d’espace + électrification.
Pour les passionnés de grands SUV : comment suivre le dossier
- Attendre le reveal (dimensions et motorisations officielles).
- Séparer fiche MIIT / homologation Chine et éventuel badge export.
- Comparer, le moment venu, avec les grands PHEV déjà vendus en Europe (prix, malus, SAV).
- Si vous achetez un grand SUV aujourd’hui (peu importe la marque) : checklist occasion, carnet d’entretien, budget pneus/assurance.
- Surveiller si le Tai 9 réapparaît sous un nom BYD différent (Ti9 / autre) dans les catalogues export.
En attendant, les signaux utiles pour un particulier restent plus prosaïques : fiabilité du réseau SAV, disponibilité des pièces, clarté de la garantie batterie, et transparence sur les cycles d’homologation.
Entretien d’un XXL électrifié : anticiper les coûts
Même sans Tai 9 en France, la leçon AutoSuivi vaut pour tout grand SUV PHEV :
- pneus grand format = poste lourd ;
- freins + masse élevée ;
- deux « mondes » à suivre : thermique et batterie ;
- suspensions pilotées / ADAS = diag électronique plus fréquent ;
- consommations réelles qui dépendent du mode de conduite et de la recharge (ou de l’absence de recharge).
Un carnet numérique et le suivi du coût au km évitent de découvrir trop tard que le « mastodonte familial » mange le budget. Notez aussi les interventions spécifiques (pompe à chaleur, batterie, recalibrage caméras/lidar si présents) : ce ne sont plus des révisions « huile + filtres » classiques.
Si vous hésitez entre un grand thermique d’occasion et un PHEV neuf ou récent, peaufinez d’abord votre usage réel (km quotidiens, accès à une prise, trajets longs) plutôt que de comparer uniquement la puissance catalogue. Un véhicule trop grand pour votre parking ou trop gourmand hors recharge électrique finit souvent par coûter plus cher qu’annoncé.
Concurrence et contexte marché
Le Tai 9 n’arrive pas dans le vide. En Chine, les grands SUV électrifiés se multiplient chez les marques locales et chez les labels premium internationaux. La différenciation passe par :
- l’espace (6 places « VIP ») ;
- l’autonomie totale annoncée ;
- le confort de suspension (DiSus et équivalents) ;
- les aides à la conduite avec lidar ;
- le rapport équipements / prix.
Pour BYD, réussir ce flagship Bao renforcerait l’image au-delà du volume. Pour les constructeurs européens, c’est un rappel : le combat ne se joue plus seulement sur les citadines à 25 000 €, mais aussi sur les vitrines technologiques familiales.
En résumé
Le Bao Tai 9 (Fang Cheng Bao / BYD) montre enfin sa silhouette : un SUV full-size boxy, teaser officiel, lancement Chine qui se rapproche. Gabarit > 5,3 m, vocation familiale (6 places en priorité), mécanique PHEV très musclée selon les fuites, prix Chine évoqué ~32–40 k€. Aucune arrivée Europe confirmée.
À ce stade, c’est un signal stratégique BYD plus qu’un produit à configurer sur un site français. Restez prudents sur les autonomies records non homologuées WLTP.
Vérifiez toujours les annonces officielles Fang Cheng Bao / BYD pour les specs définitives.