Le 13 septembre 2026, Caradisiac déroule le « plan de relance » Peugeot jusqu’en 2030. Trois jours plus tôt, Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, a répété devant des analystes que FaSTLAne était lancé, que les catalogues manquaient encore de produits, et que Leapmotor et Dongfeng serviraient aussi à remplir les usines européennes. Le socle, lui, date du 21 mai : 60 milliards d’euros sur cinq ans, cinquante lancements en Europe, Peugeot érigée en marque mondiale avec Jeep, Ram et Fiat.
Sept nouveautés Peugeot d’ici 2030, première STLA One sur une E-208 en 2027, couverture de marché visée de 45 à 60 % : L’Argus a déjà posé ces chiffres en mai. Pour un conducteur français, le détail qui compte n’est pas le shooting brake chinois. C’est que l’actuelle 208, essence hybridée 110 et 145 ch, doit rester au catalogue, restylée en 2027 pour l’Euro 7, pendant que la nouvelle E-208 ne sera qu’électrique. Vous n’êtes pas obligé d’attendre le volant « hypersquare ». Vous devez savoir ce que vous achetez en 2026 : une CMP de fin de cycle, ou un ticket pour une architecture qui n’arrive qu’à la mi-2027, sans prix.
Filosa a aussi parlé de qualité et de coût des garanties. Caradisiac y lit les casses PureTech. Le lien n’est pas dans le communiqué. Il est dans les carnets français. Un 1.2 à courroie humide ne disparaît pas parce que Sochaux promet une plateforme neuve.
Sept modèles, une plateforme, un volume à reconquérir
FaSTLAne classe Peugeot parmi les quatre marques « globales » pour le volume et la rentabilité. Alain Favey, patron de la marque, a dit à Auto Express viser 1 million d’unités en Europe en 2030, contre environ 800 000 aujourd’hui. L’Argus traduit la feuille de route par une couverture de 45 à 60 % du marché. Ce n’est pas « plus de voitures pour le plaisir du configurateur ». C’est combler des trous entre 2008 et 3008, renouveler 308 et 308 SW, et garder du thermique tant que l’électrique ne paie pas partout.
STLA One, présentée le 21 mai, doit fusionner cinq architectures en une, couvrir les segments B, C et D, viser 20 % d’efficacité coût, plus de trente modèles et plus de 2 millions d’unités en 2035. Ned Curic, directeur technique, parle d’une base multi-énergies « sans transporter les inefficacités d’un mode de propulsion à l’autre ». Première intégration prévue : STLA Brain, SmartCockpit, direction steer-by-wire. Lancement 2027. Peugeot inaugure, puis Opel, Jeep, Alfa Romeo, d’après Emanuele Cappellano. En Europe, la plateforme viserait jusqu’à un million de véhicules par an à pleine cadence.
Les sept nouveautés ne sont pas une liste officielle numérotée. Favey décrit une E-208, une E-2008, le maintien des 208 et 2008 thermiques-hybrides, puis trois C : 308, 308 SW et successeur de 408. Caradisiac et L’Argus ajoutent un SUV compact inédit, multi-énergies, entre 2008 et 3008, façon Renault Symbioz, et un shooting brake de segment D avec Dongfeng, préfiguré par le Concept 6 (ou 06) de Pékin. Le restylage du 3008 en 2029 n’est pas un « nouveau modèle ». Comptez les lignes avant d’annoncer sept carrosseries inédites en concession française.
La 208 de 2026 n’est pas morte en 2027
Caradisiac est net : la nouvelle E-208, mi-2027, n’envoie pas l’actuelle génération à la casse. Restylage profond, style Polygon, Euro 7, moteurs essence hybridés 110 et 145 ch conservés. La E-208 STLA One sera 100 % électrique. La E-208 GTi de 281 ch, tout juste au catalogue, resterait « le plus longtemps possible » avant une remplaçante STLA One. L’Argus situe une apparition possible au Mondial de Paris 2026, un lancement 2027. Favey confirme la 208 « l’année prochaine » pour inaugurer STLA One, et la 2008 « l’année d’après ».
Sur le 2008 électrique neuf, les dates divergent. Caradisiac écrit 2028. L’Argus, fin 2029. Favey, l’année suivant la 208, donc 2028. Nous ne tranchons pas un communiqué qui n’existe pas. L’idée, elle, est stable : nouvelle génération électrique, génération actuelle prolongée en hybride, avec restylage. Même schéma que la 208. Si vous voulez un SUV essence en 2027, vous n’attendez pas STLA One.
Le 2 juin 2026, Stellantis a annoncé plus d’un milliard d’euros à Mulhouse pour trois Peugeot de segment C, électriques ou hybrides, sur STLA One, à partir de 2029. Berline, break, SUV compact : c’est le trio le plus crédible. Caradisiac place les 308 et 308 SW « fin 2028 ». Mulhouse parle de 2029. Un an d’écart, ce n’est pas un scoop, c’est une ligne de production. Un malus 2026 se calcule sur la voiture que vous immatriculez cette année, pas sur la 308 de 2029.
Les 208 et 2008 ENVY à 400 € de plus existent déjà. C’est l’offre de rayon, pas le plan 2030. Comparer leur TCO à une future E-208 sans tarif, c’est comparer un devis à une diapositive.
Steer-by-wire, PureTech, CT : ce qui touche le carnet
STLA One doit porter une direction sans colonne mécanique. Caradisiac y colle le volant carré « hypersquare » dès l’E-208, puis « devrait » sur les 308. Stellantis confirme le steer-by-wire sur la plateforme, pas le dessin du volant sur chaque modèle. Un premier millésime à commande électrique, après un rappel direction sur des Stellantis récentes, se juge à l’atelier, pas au salon. Assurance, diagnostic, pièce : trois ans de recul vaudront plus qu’une vidéo de concept.
Côté thermique, Favey a évoqué un nouveau 1.2 turbo, testé sur l’équivalent de 1,86 million de miles, pour tourner la page des réclamations. Caradisiac annonce un full hybrid 170 ch « dans deux ans », avec la 308. Ce moteur n’a pas de fiche publique. En 2026, le 208 que vous signez reste un 1.2 de la génération actuelle, hybridé 110 ou 145 ch. Vidange, code moteur, courroie si le bloc l’impose : le plan qualité de Filosa (plus 24 % en Europe, plus 38 % en Amérique du Nord, selon sa conférence Jefferies) ne réécrit pas le carnet d’une voiture déjà produite. Il vise, dit-il, le premier quartile de qualité d’ici 2028, et des produits neufs « à partir de 2028 ».
Le coût de possession d’une 208 essence 2026 et d’une E-208 2027 ne se compare pas sur le seul malus. L’électrique évite le barème CO₂ ; elle prend la wallbox, le kWh et, si les aides CEE tiennent encore à la commande, un devis d’énergie. Sur les voitures déjà au catalogue, comparez essence, hybride et électrique avec des km et un prix d’énergie réels, pas avec une diapositive 2027. Une Spring 2 ou une Twingo joueront dans la même cour citadine quand l’E-208 STLA One arrivera, avec deux ans d’avance de réseau électrique low-cost. Peugeot mise sur le style et le volume, pas sur le premier prix Dacia.
| Modèle (sources) | Fenêtre citée | Énergie | Statut |
|---|---|---|---|
| E-208 STLA One | Mi-2027 (Caradisiac) ; 2027 (Stellantis / Favey) | 100 % électrique | Inaugure STLA One, steer-by-wire prévu plateforme |
| 208 actuelle | Restylage 2027, Euro 7 | Essence hybridée 110 / 145 ch | Reste au catalogue (Caradisiac, Favey) |
| E-2008 nouvelle gén. | 2028 (Caradisiac, Favey) ou fin 2029 (L’Argus) | 100 % électrique | Dates non alignées |
| 2008 actuelle | Restylage, parallèle à la 208 | Hybride | Offre thermique conservée |
| 308 / 308 SW STLA One | Fin 2028 (Caradisiac) ; trio C à Mulhouse dès 2029 (Stellantis, 2 juin) | Électrique ou hybride | Plus d’1 Md€ à Mulhouse |
| SUV compact inédit | Vers 2029, avec restylage 3008 (Caradisiac) | Multi-énergies | Pas de nom officiel |
| Shooting brake D / Concept 6 | Non daté ; base Dongfeng | Non précisé | Chine / Asie en priorité ; « 608 SW » n’est qu’une hypothèse Caradisiac |
Avant de signer une 208 essence, calculez le malus 2026 sur les grammes du COC, pas sur la diapositive STLA One.
Rennes, Leapmotor, et le garage du coin
Filosa, le 10 septembre : « Nous voyons clairement que le monde est divisé en deux : d’un côté les États-Unis… et de l’autre le reste du monde. » Aux États-Unis, ingénierie maison. En Europe, Leapmotor (51/49, distribution Stellantis) et une coentreprise Dongfeng sur le même schéma, avec du volume à Rennes-La Janais à côté du C5 Aircross, et Leapmotor à Madrid / Saragosse (Figueruelas). Voyah, marque premium Dongfeng, est citée pour l’usine bretonne. Pour Rennes, l’enjeu est la charge d’atelier et l’emploi du site, pas un lion sur le capot.
Le shooting brake Peugeot-Dongfeng vise d’abord la Chine, éventuellement l’Asie. Caradisiac dit « pas forcément l’Europe ». N’attendez pas une 608 SW dans votre concession de province. L’Amérique latine, surtout le Brésil, reste un relais de volume ; les modèles spécifiques n’arriveront pas au malus français.
En France, le réseau Peugeot vendra encore longtemps des 208, 2008, 3008, 308 actuelles. Les pièces de la plateforme CMP, les forfaits d’entretien, le contrôle technique à quatre ans puis tous les deux ans : rien de tout cela n’attend 2030. Une 208 immatriculée en 2026 gardera sa garantie constructeur sur cette génération, y compris si le restylage 2027 change le nez des voitures neuves. Un steer-by-wire, s’il arrive en 2027, posera d’autres questions d’assurance et de diagnostic. Un hybride 170 ch, s’il arrive en 2028, se jugera à la consommation réelle et au coût de possession, pas au communiqué de mai.
Si vous commandez aujourd’hui, exigez le code moteur, les campagnes, un carnet. Créez-le sur AutoSuivi : km, huile, courroie, factures. C’est ce qui se revend, pas le plan FaSTLAne. Si vous attendez l’E-208, prévoyez wallbox, simulateur de crédit après aides réelles, et un essai du volant, pas seulement du Polygon.
Ce qu’il faut retenir
Peugeot a sept lancements dans FaSTLAne, la première STLA One, et le droit de garder du thermique sur 208 et 2008 pendant que les nouvelles générations B passent à l’électrique. Mulhouse tient trois C à partir de 2029. Filosa veut de la qualité et des usines pleines, y compris avec Dongfeng à Rennes. En 2026, vous achetez encore une 208 de cette génération : malus, entretien, revente. Le lion de 2030 n’annule pas le devis du samedi.
Pour suivre vidanges et échéance de CT sur la Peugeot que vous avez, ouvrez un carnet AutoSuivi : gratuit, sans carte bancaire.