Le 22 septembre 2026 au soir, L’Auto-Journal titre un « chamboulement » de l’éco-score des voitures électriques. La matière est plus sèche, et déjà publique : un projet d’arrêté, en consultation du 17 septembre au 7 octobre 2026, vise à modifier l’arrêté du 7 octobre 2023 sur le score environnemental ADEME. Rien n’est publié au Journal officiel. Rien ne change le 23 septembre sur votre devis.
Le texte, cité par Flot Auto et Journal Auto, créerait une troisième catégorie pour les électriques « grands » : au moins 7 places, ou un coffre d’au moins 410 litres, ou une autonomie WLTP d’au moins 550 km. Cette catégorie garderait les seuils carbone actuels de la catégorie 2, 12 000 à 21 000 kg équivalent CO₂. En contrepartie, la catégorie 2 — la plus peuplée, de la citadine cinq places au SUV — verrait sa fourchette abaissée à 10 300–19 300 kg. Le seuil de 60 points ne bouge pas. Ce qui bouge, c’est le gramme de fabrication à partir duquel on les obtient.
Pour vous, le score n’est pas une étiquette climat. C’est la clé du coup de pouce CEE, d’une partie du leasing social et, depuis 2025, de l’abattement sur l’avantage en nature en flotte. Un projet d’octobre peut, plus tard, faire sortir une version de la liste. Il ne paie pas encore votre loyer.
L’Auto-Journal écrit « et » ; le projet dit « ou »
L’Auto-Journal décrit une troisième catégorie réservée aux plus grands véhicules, à condition d’avoir 7 places, un coffre de 410 litres et 550 km. Flot Auto, le même 22 septembre, cite le projet : « le nombre de places assises est supérieur ou égal à 7, ou dont le volume du coffre est supérieur ou égal à 410 l, ou dont l’autonomie électrique est supérieure ou égale à 550 km ». Numerama, après correction, aligne le « ou ». On retient le « ou » du texte, pas le « et » du titre.
La différence n’est pas cosmétique. Avec un « et », presque aucun compact n’entrerait en catégorie 3. Avec un « ou », une berline à 560 km WLTP, même à cinq places, pourrait y passer, et garder l’ancienne grille 12 000–21 000 kg. Un SUV cinq places à 400 litres et 450 km resterait en catégorie 2, donc sur la grille plus dure. Tant que l’arrêté n’est pas signé, c’est une hypothèse de rédaction ministérielle, pas une homologation.
Journal Auto, dès le 21 septembre, cadre aussi les dates et le « double constat » du ministère : trop de versions éligibles sont déjà en catégorie 2 ; deux cases ne suffisent plus, du citadin au familial-utilitaire. L’Auto-Journal arrive vingt-quatre heures plus tard, sans les dates de consultation et sans la formule de calcul. Le fond, lui, est le même.
60 points, un TVV, une liste — pas une moyenne de marque
Le score environnemental, depuis décembre 2023 (méthode de l’arrêté du 7 octobre 2023, révisée au 8 avril 2025), note l’empreinte avant la route : acier, aluminium, autres matériaux, assemblage, batterie, acheminement jusqu’à la distribution en France. L’ADEME instruit le dossier du constructeur. Les ministres publient, par arrêté, les types-variantes-versions (TVV) qui atteignent 60 points. Le code figure au champ D.2 de la carte grise. Une Renault 5 n’est pas « éligible » en bloc : trois TVV ont rejoint la liste le 18 septembre 2026 (arrêté du 16 septembre, JO du 17), aux côtés d’une Spring slovène, de deux Nissan Micra, d’Ioniq 3, d’ID.3 NEO, d’un ID. Buzz, etc. Vingt-huit versions, sept marques. Ce n’est pas le projet d’octobre. C’est la liste en vigueur.
Sans ces 60 points, pas de bonus écologique au sens du code de l’énergie, pas de leasing social sur cette version, pas d’abattement AEN flotte depuis la réforme de février 2025. L’Auto-Journal a raison de lier score et leasing social. Il a tort s’il laisse croire que le leasing se joue au seul score : prix, masse, revenus, production européenne de la caisse et de la batterie, moteur EEE pour la surprime de 500 €, liste ADEME du programme PRO-INNO-86. Un TVV « scoré » peut rester hors leasing. Un TVV hors score est hors jeu pour les deux.
Les importations chinoises sont souvent hors liste, à cause du mix électrique, de la batterie et du bateau, pas d’un tampon « made in China » magique. Une Spring 2 assemblée à Novo Mesto revient dans le jeu ; une MG4 importée, en règle générale, non. Le part de marché chinois se lit aussi là.
La catégorie 2, pas la 3, est le vrai levier
Aujourd’hui, deux cases. Catégorie 2 : au moins 5 places, coffre de plus de 200 litres, autonomie d’au moins 170 km. Catégorie 1 : le reste, citadines plus petites. Numerama note que presque personne n’atteint 60 points en catégorie 1. La vie du bonus se joue donc en catégorie 2.
Flot Auto résume la formule actuelle, catégorie 2 : empreinte ≥ 21 000 kg → score 0 ; ≤ 12 000 kg → score plein ; entre les deux, 80 × ((21 000 − C) / 9 000). Il faut 60 ou plus. En arithmétique, 60 points tombent vers 14 250 kg. Le projet garderait cette formule pour la nouvelle catégorie 3, et la transposerait en catégorie 2 avec 19 300 et 10 300 à la place de 21 000 et 12 000. Même écart de 9 000 kg, décalé. Les 60 points tomberaient alors vers 12 550 kg.
Un exemple, pas une fiche ADEME. À 14 000 kg, la formule actuelle donne un peu plus de 62 points : éligible. La formule projetée, catégorie 2, donne un peu plus de 47 points : hors liste. C’est ce resserrement que Numerama appelle le « piège », et que le ministère justifie pour « ne pas alléger les exigences » tout en ouvrant une case aux 7 places. La catégorie 1, selon Flot Auto, ne changerait pas.
Journal Auto cite le Škoda Peaq, 7 places, livraisons françaises visées en octobre 2026. Notre essai part à 56 460 € : au-dessus des 47 000 € souvent retenus pour le bonus, et trop lourd pour beaucoup de grilles d’aide. Une troisième catégorie peut l’aider à scorer. Elle ne crée pas une aide si le prix et la masse restent hors barème. Numerama rappelle que même parmi les 7 places déjà scorés (e-5008, EQB), le bonus à 47 000 € et 2,4 t reste un autre filtre.
Ce que ça change, ou non, sur un bon de commande
Jusqu’au 7 octobre, le public peut commenter. Ensuite, le ministère peut signer, amender ou classer. Flot Auto écrit que l’avenir du texte est « encore incertain ». L’Auto-Journal transforme le conditionnel en « va-t-il connaître un chamboulement ». On garde le conditionnel.
Si vous commandez cette semaine une électrique déjà sur la liste ADEME, la liste du jour de la facture ou du premier loyer fait foi, selon l’agence. Un arrêté futur peut prévoir des mesures transitoires pour les commandes antérieures, comme en 2024–2025 quand la méthode a changé. Rien de tel n’est encore écrit pour 2026. N’achetez pas « pour éviter octobre » sans lire le TVV sur le bon.
Si vous visez un compact qui a obtenu 60 points de justesse, le risque du projet est réel : la prochaine actualisation de liste, après un arrêté signé, pourrait le sortir. Numerama nomme l’Inster 5 places comme exemple de version « plombée par son transport ». Ce n’est pas une décision ADEME. C’est une lecture de journaliste. Vérifiez le TVV, pas le nom commercial.
Le coût de possession d’une électrique, lui, se joue au kWh, à l’assurance, aux pneus et à la wallbox, pas au kilogramme de CO₂ de caisse. Le score ne dit rien de votre facture de recharge. Il dit si l’État et les CEE mettent de l’argent sur cette version. Un loyer se calcule avec l’aide écrite sur le contrat, pas avec un projet d’arrêté.
Avant de signer : D.2, liste, carnet
Demandez le TVV. Comparez-le à l’arrêté en vigueur, pas à un article. L’arrêté du 16 septembre 2026, applicable le 18, ajoute 28 versions ; il ne préjuge pas d’octobre. Pour le leasing social, la liste ADEME du programme 2026 est un autre tableau, plus court. Les deux exigent le score. Aucune des deux n’est le projet.
Notez dès la commande le TVV, le lieu d’assemblage annoncé, la date de premier loyer et le montant CEE. Un carnet AutoSuivi gratuit, sans carte bancaire, sert à ça : garder le papier que le concessionnaire aura oublié dans six mois, le jour où une liste aura bougé. Le contrôle technique d’une électrique reste à quatre ans, puis tous les deux ans ; le score ADEME n’y entre pas.
La consultation est ouverte jusqu’au 7 octobre, sur le site du ministère (procédure L. 123-19-1 du code de l’environnement). Flot Auto et Journal Auto en ont publié le cadre ; ce n’est pas un référendum.
Ce qu’il faut retenir
Un projet d’arrêté, consultable du 17 septembre au 7 octobre 2026, créerait une catégorie 3 (7 places ou 410 l ou 550 km) sur l’ancienne grille 12 000–21 000 kg, et durcirait la catégorie 2 à 10 300–19 300 kg. Le seuil reste 60 points. L’Auto-Journal a raison sur le sens du texte, tort sur le « et ». Rien n’est encore opposable. La liste qui compte aujourd’hui est celle du 18 septembre. Avant de signer, le TVV et le TCO de votre voiture, pas un titre sur l’éco-score.
Pour coller TVV, premier loyer et factures d’entretien sur l’électrique que vous commandez, créez un carnet AutoSuivi : gratuit, sans carte bancaire.