Le 3 septembre 2026, Caradisiac dresse un constat de marché : la location longue durée (LLD) capte le verdissement des flottes. Les grands leasers (Ayvens, Arval, Alphabet…) achètent, portent le risque de valeur résiduelle des électriques, et facturent un loyer full service. Ce n’est pas un article « prenez une LLD ». C’est le moment de séparer trois choses que la Une mélange : (1) les volumes B2B, (2) la taxe annuelle incitative (TAI) — qui n’est pas « 4 000 € × 18 % du parc » — (3) ce que vous signez, TPE ou salarié, quand le loyer cache restitution, km et cartes de recharge.
La LLD n’efface pas la TAI : l’entreprise affectataire (propriétaire ou locataire) entre dans le calcul, dès 100 véhicules taxables. En dessous, la taxe ne s’applique pas. Le loyer, lui, s’applique toujours.
En bref (septembre 2026)
| Point | Détail recoupé |
|---|---|
| LLD 2025 (SesamLLD / Dataneo) | 584 187 immat VP+VUL, 29,3 % du marché, 60,4 % du B2B ; parc 1,9 million (fin 2025), pas « plus de 2 millions » |
| Début 2026 | Part LLD citée 30,2 % du marché / 61,7 % du B2B (5 premiers mois) |
| Août 2026 (AAA Data / Flot Auto) | Flottes 26 596 VP (+7 %), 42 % électriques (11 085, +87 %) |
| Caradisiac (3 sept.) | VP entreprises en direct −5,5 %, LLD +21 % « le mois dernier » — non repris tel quel par AAA Data dans le bilan flottes |
| TAI 2026 | Flottes ≥ 100 VL taxables ; cible 18 % de VLFE sur les 4 dernières années d’intégration ; tarif 4 000 € (CIBS L. 421-132-3) |
| Formule (BOFIP) | Tarif × écart à l’objectif × taux de renouvellement des VL « très émetteurs » — pas un forfait 4 000 € par case vide |
| Seuil | Par entité juridique (TVA), pas le groupe |
Les barèmes évoluent (2027 : tarif 5 000 €, cible 25 % selon la trajectoire CIBS). Vérifiez impots.gouv.fr / BOFIP et votre expert-comptable, pas un titre.
Ce que les chiffres disent (sans le mot « opportunistes »)
En 2025, la LLD pesait déjà six immatriculations B2B sur dix. Le parc sous contrat a même légèrement reculé (1,93 M en 2024 → 1,9 M), selon SesamLLD : les entreprises prolongent, le parc vieillit. Ce n’est pas le portrait d’un raz-de-marée infini. C’est un canal qui, quand on renouvelle, prend une part disproportionnée des cartes grises pro.
Août 2026 : les flottes (LLD + sociétés + administrations) font 26 596 VP, +7 %. L’électrique y pèse 42 %, plus que sur le marché total (38 %, 36 159 VP). AAA Data y voit la fiscalité et les aides. Les particuliers, eux, ont représenté 52 % du mois, boostés notamment par le leasing social rouvert le 16 juillet. Deux canaux, deux leviers : quota / TAI d’un côté, aides ménage de l’autre.
Caradisiac isole un +21 % LLD face à un −5,5 % d’achats directs. Nous n’avons pas ce couple dans le communiqué AAA Data résumé par Flot Auto. On le cite comme relais presse, pas comme série officielle. Le message robuste, lui, est : quand une grande flotte verdit, elle passe souvent par un leaser.
Simulez crédit, LOA ou LLD sur votre durée et votre forfait km — un loyer de flotte n’est pas un barème particulier. En parallèle, calculez le TCO : énergie, assurance, entretien hors loyer si le contrat ne les couvre pas tous.
TAI 2026 : ce que Caradisiac raccourcit trop
La taxe annuelle incitative relative à l’acquisition de véhicules légers à faibles émissions (TAI) vient de l’article 28 de la loi de finances pour 2025. Elle s’applique depuis le 1er mars 2025, pas « depuis le 1er janvier 2026 ». 2026 est l’année où le tarif double (2 000 → 4 000 €) et où la cible passe de 15 % à 18 %.
Qui ? Entreprises assujetties à la TVA dont la taille annuelle de flotte taxable atteint 100 véhicules (prorata temporis). En dessous : hors champ. Le seuil se calcule entité par entité, pas en consolidant le groupe.
Quoi dans la flotte ? Véhicules détenus ou loués dès lors que l’entreprise en a la disposition (BOFIP). Une 208 en LLD compte. Externaliser chez Arval ne sort pas le VIN du radar TAI.
Combien ? Pas « 4 000 € par véhicule propre manquant » en addition simple. Le CIBS pose :
montant = tarif × écart à l’objectif d’intégration VLFE × taux annuel de renouvellement des véhicules très émetteurs.
L’écart se calcule sur les véhicules entrés au cours des quatre dernières années civiles (N à N-3), pas sur le stock de 2018. Exemple BOFIP : TA = 125 → il faudrait l’équivalent de 22,5 VLFE (125 × 18 %) pour écarter la taxe côté objectif. Des majorations existent (véhicules à faible empreinte carbone, etc.). Si l’objectif est atteint ou dépassé, la taxe est nulle. Si l’entreprise ne renouvelle pas de « très émetteurs » dans l’année, le troisième facteur peut aussi annuler la facture : la TAI vise le renouvellement, pas un musée de diesels arrêtés.
Le tarif 4 000 € est donc un coefficient, pas une amende collée sur chaque case. Dire « jusqu’à 4 000 € par manquant » reste un plafond de langage utile ; ce n’est pas le calcul DGFIP.
| Année civile | Cible d’intégration VLFE | Tarif TAI (CIBS) |
|---|---|---|
| 2025 | 15 % | 2 000 € |
| 2026 | 18 % | 4 000 € |
| 2027 | 25 % | 5 000 € |
| 2028 / 2029 / 2030 | 30 % / 35 % / 48 % | 5 000 € |
Trajectoire actuelle du code. Un projet de loi peut la déplacer ; ne figez pas 2030 dans un Excel sans source.
À l’achat, le malus CO₂ / poids 2026 (seuil CO₂ 108 g, masse 1 500 kg, plafond 80 000 € selon le barème en vigueur) continue de taxer le thermique — LLD ou pas. Le loueur répercute. Comment calculer le malus : cases V.7 et G.1, pas le loyer. Un PHEV « 40 g » malus-léger peut rater le statut VLFE si le code de l’environnement ne le range pas dans la bonne case : le commercial LLD et le fiscaliste doivent parler le même VIN.
LLD : bouclier de trésorerie, pas bouclier de contrat
Ce que la LLD fait bien, et que Caradisiac décrit juste :
- étaler le cash (loyer vs capex) ;
- déléguer entretien, pneus, parfois assurance, véhicule de remplacement, télématique ;
- porter une partie du risque de revente VE, volatil.
Ce qu’elle ne fait pas :
- supprimer TAI, malus, TVS/taxes d’affectation, cartes de recharge, bornes, formation éco-conduite ;
- garantir un TCO bas : le coût de possession reste loyer + énergie + hors forfait ;
- simplifier la comptabilité pour tout le monde : en IFRS 16, un droit d’usage apparaît souvent à l’actif ; en PCG français, beaucoup de LLD restent en charges. « Ça n’apparaît pas au bilan » est faux dès que vous consolidez en IFRS.
Les pièges (restitution, km, rayures, modification de contrat, 36–96 mois) sont réels. Caradisiac le dit à sa façon : la moindre entorse se paie. Un salarié en véhicule de fonction les paie en temps : photos contradictoires, franchise, week-end sans auto. Tenez un carnet même si l’entretien est « inclus » : km, états des lieux, PDF de recharge. Le jour de la restitution, c’est le dossier qui discute, pas le slogan full service.
Cartes de recharge. Déléguer l’énergie au loueur évite d’avancer la TVA. Ça n’empêche pas un hors forfait (borne publique hors réseau, badge perdu, recharge « perso » sur la carte flotte). Notez kWh + lieu + motif. Un coût de trajet domicile-agence en kWh domicile vs autoroute évite de croire que le loyer a « tout compris ».
Salarié. L’avantage en nature, le carburant / kWh, le CT si le contrat le laisse au conducteur : ce n’est pas la TAI. C’est votre bulletin et votre permis. Un km perso au-delà du forfait, c’est souvent vous — ou une régularisation RH.
Une TPE à 12 utilitaires : pas de TAI. Le sujet, c’est le crédit vs LLD, le TCO multi-énergies et le malus à l’immat si vous achetez. Ne copiez pas un contrat de grand compte. Une LOA particulier (option d’achat) n’est pas une LLD flotte : VR, km et restitution n’ont pas les mêmes grilles.
Créez le carnet AutoSuivi (gratuit, sans CB) pour chaque VIN de fonction ou de TPE : état d’entrée, km, factures hors forfait, CT. Ça ne remplace pas le leaser. Ça évite de payer deux fois la même rayure.
Checklist : avant de « tout mettre en LLD »
- Comptez vos VL taxables (prorata annuel). Moins de 100 : TAI hors sujet ; 100 ou plus : parlez TAI et mix VLFE avec le loueur, pas seulement du loyer.
- Demandez qui déclare la TAI / les taxes d’affectation : vous restez affectataire.
- Listez ce qui est dans le loyer (entretien, pneus, assurance, remplacement) et ce qui est hors (recharge publique, franchise, km).
- Chiffrez l’énergie : trajet et TCO sur vos km, pas le mix catalogue.
- Lisez forfait km, zone, restitution, grilles d’usure avant la commande (couleur, jantes 20", attelage).
- Simulez une alternative crédit / LOA / LLD à durée et apport comparables.
- Archivez états des lieux et km dans le carnet.
- Salarié : faites préciser cartes de recharge, borne domicile, et qui paie le hors forfait.
Résumé
La LLD pèse ~60 % du B2B et un parc d’environ 1,9 million de véhicules (2025). En août 2026, les flottes ont immatriculé 42 % d’électriques. Ce n’est pas « 4 000 € si vous n’avez pas 18 % du parc » : la TAI (depuis mars 2025, tarif 4 000 € en 2026) suit tarif × écart × renouvellement, au-delà de 100 VL, y compris en location. Le loyer n’est pas le TCO. Simulez le financement, calculez le coût de possession, gardez le carnet.
Pour aller plus loin
- LOA vs crédit (S1 2026)
- Malus 2026 · Comment le calculer
- TCO essence / hybride / électrique
- Carnet et revente
- Simulateur crédit / LOA / LLD · TCO · malus
- Carnet AutoSuivi · Outils
Article informatif, pas un conseil fiscal ou un devis de leaser. Sources : Caradisiac (3 sept. 2026, Lionel Bret) ; SesamLLD / Dataneo (immat 2025, parc 1,9 M) ; AAA Data via Flot Auto / Journal de l’Automobile (août 2026) ; BOFIP BOI-AIS-MOB-10-30-40 (TAI, consultation 25 fév.–31 mars 2026) ; CIBS art. L. 421-132-2 et L. 421-132-3 (tarif 2 000 / 4 000 / 5 000 €). En cas d’écart, le BOFIP et votre liasse fiscale primant.